Sous occupation russe, les habitants de Hola Prystan en Ukraine vivent sans électricité, sans réseau, et manquent de nourriture et de carburant
« Il n'y a plus d'électricité depuis plus de dix mois. La seule source d'énergie, ce sont les générateurs et les panneaux solaires que certains habitants avaient installés et qui ont survécu », explique-t-elle.
Depuis plusieurs semaines, plus aucun bus ne circule, le véhicule du transporteur étant en réparation. Ce service permettait aux habitants de se rendre à Zaliznyï Port pour retirer de l'argent, changer des devises ou faire des courses.
Les pensions russes ne sont plus distribuées à domicile, dans les villages comme Hola Prystan, Stara Zbourivka ou Velyka Kardachynka. Pour les toucher, il faut se rendre à Zaliznyï Port, où se trouve un distributeur. Les habitants s'organisent parfois en confiant leur carte à quelqu'un pour qu'il retire l'argent à leur place.
Le carburant est pratiquement inaccessible. Un particulier le livre une fois par semaine, sur commande, à ceux qui ont les moyens de payer. La qualité de l'essence varie, et il arrive que les générateurs tombent en panne à cause d'un mauvais carburant. Les réparations sont rares, faute de techniciens et de pièces.
Un bidon de 20 litres coûte environ 7 000 roubles, et une bouteille de gaz entre 15 000 et 18 000 roubles, quand elle est disponible.
Jusqu'à récemment, un commerçant proche des occupants approvisionnait encore la ville en produits alimentaires. Les autres magasins écoulent leurs stocks restants.
Un marché informel s'est organisé : des habitants des villages voisins viennent vendre à vélo des légumes, du lait et de la viande. Parfois, du pain est apporté de l'extérieur, et dans le secteur de Kardahynka, des habitants le font eux-mêmes pour le vendre ou l'échanger.
Dans les villages, la situation est un peu meilleure grâce aux potagers et à l'élevage.
L'eau reste accessible à Hola Prystan, Kardashynka et Stara Zbourivka grâce aux puits individuels. Dans les localités plus éloignées, en revanche, l'eau se fait rare, et sans pompe, impossible d'en tirer. Les jardins souffrent, faute d'irrigation.
Les écoles sont fermées.
Les incendies sont fréquents, dans les localités comme dans les forêts. À Stara Zbourivka, où il reste environ 150 habitants, les maisons inhabitées brûlent régulièrement. À Velyka Kardashynka et Hola Prystan, c'est la même situation : les pompiers ne sont plus là depuis plus d'un an et demi. À Nova Zbourivka, une rue entière a brûlé cette semaine, avec une dizaine de maisons réduites en cendres.
Les occupants abattent les arbres pour construire leurs abris, détruisant les forêts de pins plantées de main d'homme.
Le réseau téléphonique est quasi inexistant. Les habitants parviennent parfois à recharger leurs appareils et à envoyer un message à leurs proches.
Selon Svitlana Linnyk, les autorités d'occupation, qui sont pourtant tenues par le droit international et les Conventions de Genève d'assurer les besoins essentiels des civils, ne remplissent aucune de ces obligations.
La communauté de Hola Prystan est occupée depuis les premiers jours de l'invasion russe à grande échelle.
Photo: kherson.depo.ua