Les frappes ukrainiennes font reculer la production de pétrole en Russie selon l'AIE
« En raison des frappes persistantes contre les infrastructures pétrolières, nous avons revu à la baisse nos prévisions de production pour la Russie cette année de 200 000 barils par jour, pour atteindre 8,95 millions de barils par jour », indique l'AIE dans son rapport mensuel, cité par Reuters. L'agence précise également que l'Ukraine cible désormais des zones d'extraction russes reculées par drone à longue portée.
Ce mois-ci, la Russie a reconnu pour la première fois que sa production annuelle avait fléchi, attribuant ce recul à des opérations de maintenance imprévues. Troisième producteur mondial d'or noir, Moscou a cessé de publier ses statistiques de production en avril 2023, un peu plus d'un ans après le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine.
Malgré ces attaques, l'AIE note que les exportations de pétrole et de produits pétroliers russes sont restées stables en mai, se maintenant à environ 7,4 millions de barils par jour, soit un niveau presque identique à celui de l'année dernière à la même période.
Toutefois, en raison de la baisse des prix du marché, les revenus globaux de la Russie tirés des exportations pétrolières ont reculé de 710 millions de dollars par rapport au mois précédent, s'établissant à 20,8 milliards de dollars en mai. Ce montant reste néanmoins supérieur de 65 % à celui de l'an dernier et frôle les records historiques.
Selon l'AIE, l'impact des frappes ukrainiennes a contraint Moscou à privilégier l'approvisionnement de son marché intérieur en produits raffinés au détriment des exportations, tout en augmentant ses livraisons de pétrole brut. Ces dernières ont bondi de 490 000 barils par jour sur un an pour atteindre 5,2 millions de barils par jour, retrouvant ainsi leurs niveaux de 2022.
Des sources de marché indiquent toutefois que la Russie prévoit de réduire ses exportations de brut afin d'accroître les volumes de raffinage en juin, face aux risques de pénurie de carburant.