L'adhésion de l'Ukraine renforcera le potentiel agricole de l'UE, mais un temps d'adaptation reste nécessaire selon le commissaire Hansen
À la question de savoir si l'entrée de l'Ukraine contribuerait à garantir la souveraineté agricole de l'Union européenne, Christophe Hansen a répondu : « Oui, et pas seulement du point de vue de l'auto-approvisionnement. Nous avons aussi une responsabilité envers les régions du monde qui ne produisent pas suffisamment de denrées. D'un point de vue géopolitique, il nous serait bénéfique de compter dans nos rangs un potentiel de production tel que celui de l'Ukraine. »
Dans le même temps, il a souligné que le volume de la production ukrainienne suscite l'inquiétude d'une grande partie des agriculteurs européens.
« L'Ukraine fait peur parce qu'elle constitue une véritable machine de production », a expliqué le commissaire européen.
Il a insisté tout particulièrement sur la nécessité de mettre la production ukrainienne en conformité avec les exigences environnementales et sanitaires européennes.
« Cette convergence sera déterminante, et elle ne sera pas simple pour la partie ukrainienne. Si, d'ici 2028, elle ne s'est pas alignée sur nos normes, nous serons en droit de réviser ces quotas », a prévenu Christophe Hansen.
Il a également rappelé que le document de la Commission européenne présenté la veille au sujet de la préparation de l'UE à son élargissement prévoyait des mécanismes d'adaptation, notamment pour la filière agricole.
« Dans le cas de l'Ukraine, des périodes de transition assez longues pourraient être soumises à discussion. L'important est de ne pas mettre notre modèle en danger. Cependant, il ne faut pas non plus poser des obstacles dès le départ : nous devons chercher des solutions », a affirmé le responsable politique.
Par ailleurs, Christophe Hansen a invité à identifier les secteurs où les producteurs ukrainiens et européens peuvent se compléter. Il a notamment cité l'exemple des cultures protéiques importées de pays tiers : « Pourquoi ne pas inciter l'Ukraine à cultiver davantage de soja au lieu de l'importer des États-Unis ou du Brésil ? C'est plus proche, c'est l'Europe, et cela constituerait une solution gagnant-gagnant pour les deux parties. »
Photo: Euractiv