L’Ukraine dénonce une série de violations lors de la détention de convoyeurs de fonds en Hongrie
Dans son communiqué, le ministère souligne que la partie hongroise savait que les convoyeurs n'étaient pas armés. Pourtant, leur interpellation a été menée par le Centre antiterroriste hongrois avec le déploiement d'un véhicule blindé de transport de troupes et d'agents équipés de mitrailleuses et de lance-grenades.
« Bien que les personnes détenues aient eu le statut de témoins, elles ont été maintenues menottées pendant 28 heures. Elles ont été transportées en permanence les yeux bandés. Les effets personnels des citoyens ukrainiens, y compris leurs téléphones portables, ont été saisis, les privant de la possibilité d'informer leurs proches, l'ambassade d'Ukraine en Hongrie ou leur employeur de leur détention et de leur localisation. La majorité des objets saisis n'ont pas été restitués », a rapporté le ministère.
Le ministère a également précisé que l'un des détenus, handicapé et nécessitant un régime alimentaire spécifique ainsi qu'une prise de médicaments régulière, n'a reçu une assistance médicale qu'après avoir perdu connaissance. Atteint de diabète, il s'est vu injecter de force un médicament qui a provoqué une hausse brutale de sa glycémie et une crise d'hypertension, nécessitant son hospitalisation.
« Les forces de l'ordre hongroises ont tout fait pour priver les Ukrainiens détenus de tout soutien. Des pressions psychologiques et physiques ont été exercées sur eux. En violation de toutes les normes acceptées, les citoyens ukrainiens n'ont pas pu témoigner dans leur langue maternelle ; les échanges se sont déroulés en russe », souligne le communiqué.
Les détenus n'ont pas pu bénéficier de l'assistance d'un avocat, les autorités ignorant tant leurs demandes que les démarches de l'avocat engagé pour leur défense. Les forces de l'ordre ont empêché l'accès des consuls aux Ukrainiens, malgré les demandes officielles de l'ambassade. Bien que l'unité d'enquête du Service national des impôts et des douanes de Hongrie ait initialement mentionné la possibilité de la présence d'un consul, les agents concernés ont ensuite évité tout contact ou fourni de fausses informations sur le lieu de détention des citoyens.
Le ministère ukrainien des Affaires étrangères considère ces actions comme inacceptables, inadéquates et constituant une violation cynique des conventions internationales.
Comme l'avait rapporté Ukrinform, le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha a déclaré dans la nuit du 6 mars que les autorités hongroises à Budapest avaient pris en otage sept employés d'Ochadbank et saisi les fonds qu'ils transportaient. Ces employés circulaient à bord de deux véhicules bancaires en transit entre l'Autriche et l'Ukraine pour un transfert d'argent régulier entre banques d'État. Le service fiscal hongrois a confirmé la détention des convoyeurs en invoquant une enquête pour blanchiment d'argent, avant que le porte-parole du gouvernement hongrois, Zoltán Kovács, n'annonce leur expulsion prochaine. Andriy Sybiha a réaffirmé que la Hongrie n'avait aucun fondement pour cette détention et a annoncé le jour même que l'Ukraine avait obtenu la libération des sept citoyens, désormais rentrés au pays.