La crise énergétique menace de provoquer une nouvelle vague de déplacés en Ukraine
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 325 000 rapatriés pourraient être contraints à un nouveau déplacement dans les prochains mois, un tiers d’entre eux envisageant de partir à l’étranger.
Cette vulnérabilité accrue s’inscrit dans un contexte déjà marqué par des déplacements massifs. Malgré le retour de millions d’Ukrainiens, la population déplacée intérieure reste très élevée, exposant de nombreuses familles à un nouvel exode.
En janvier 2026, 3,7 millions de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays. Depuis le début du conflit, plus de 4,4 millions d’Ukrainiens sont rentrés chez eux, dont plus d’un million en provenance de l’étranger. Cependant, tous n’ont pas pu regagner leur domicile : 372 000 personnes restent déplacées à l’intérieur du pays.
Ces retours restent extrêmement fragiles. Sans un soutien durable, les coupures d’électricité pourraient obliger de nombreuses familles à quitter à nouveau leur foyer et compromettre les retours si durement acquis.
« Après quatre ans de guerre, la résilience ne suffit plus pour permettre aux familles de survivre à un hiver marqué par des coupures d’électricité et des températures glaciales », a déclaré Amy Pope, directrice générale de l’OIM, dans un communiqué. « Un logement sûr, une énergie fiable et des services essentiels ne sont pas des luxes, mais des conditions fondamentales pour la sécurité, la survie et la dignité des personnes. »
Avec des températures hivernales descendant jusqu’à -20 °C et des coupures d’électricité d’urgence qui se poursuivent dans tout le pays, ces intentions de départ traduisent une tension cumulative liée à l’insécurité, aux logements endommagés et à l’accès limité à l’électricité et au chauffage.
Les besoins hivernaux sont particulièrement aigus. Dans les principales zones de retour, les ménages signalent une pénurie critique de batteries externes, de générateurs et de matériaux pour réparer les habitations. Dans certaines régions de première ligne, les besoins non satisfaits dépassent 90 %.
Les personnes récemment rentrées sont les plus touchées : elles dépendent davantage de stratégies d’adaptation de crise et font état de niveaux élevés de détresse psychologique.
Depuis 2022, l’OIM a déployé une réponse nationale d’ampleur, soutenant directement ou indirectement jusqu’à 6,9 millions de personnes à l’intérieur de l’Ukraine, ainsi que des millions d’autres dans 11 pays voisins.
Pour éviter une nouvelle vague de déplacements, l’OIM appelle la communauté internationale à intensifier les mesures d’hivernage, les réparations de logements, le soutien aux moyens de subsistance et les services de santé mentale et psychosociale, en particulier dans les zones de première ligne et à fort retour.
« Sans aide rapide et suffisante, la poursuite des perturbations énergétiques risque de provoquer de nouveaux déplacements et de compromettre les efforts de relèvement », met en garde l’agence onusienne basée à Genève.