Les médias révèlent les concessions que l’UE exigera de la Russie dans un accord de paix
La haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a diffusé aux États membres un document exposant les concessions que la Russie devrait faire lors des négociations diplomatiques avec l’Ukraine, menées sous médiation américaine, rapporte Radio Free Europe/Radio Liberty.
Intitulé « Intérêts européens fondamentaux pour une paix et une sécurité globales, justes et durables sur le continent », le document insiste sur le fait qu’aucune paix ni sécurité ne peut exister « sans l’UE à la table des négociations et sans prise en compte de ses intérêts essentiels ».
Il présente la vision « maximaliste » de l’UE sur ce que la Russie doit accepter, selon le média.
« Nous répondons aux exigences maximalistes russes envers l’Ukraine », explique un diplomate européen.
Un autre responsable ajoute : « La paix ne consiste pas seulement en des concessions de l’Ukraine. Nous devons aussi discuter de ce que la Russie doit faire avant d’envoyer un émissaire. »
Dans la première partie, intitulée « La Russie respecte l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale des États », l’idée centrale est que si l’Ukraine doit limiter ses effectifs militaires ou retirer ses troupes de certaines zones, la Russie devra faire de même. Le document exige aussi qu’il n’y ait pas de reconnaissance de jure des territoires occupés ukrainiens et que ces zones soient démilitarisées.
La section « Une Europe sûre et stable » demande à la Russie de cesser ses campagnes de désinformation, ses sabotages, ses cyberattaques, ses violations d’espace aérien et ses ingérences électorales sur le territoire européen et dans les pays voisins.
Autre exigence : l’absence d’armes nucléaires en Biélorussie et l’interdiction de toute présence ou déploiement militaire russe en Biélorussie, en Ukraine, en Moldavie, en Géorgie et en Arménie.
Sur le respect du droit international, l’UE réclame l’absence d’amnistie pour les crimes de guerre, l’accès des enquêteurs internationaux aux sites présumés de crimes, et que le droit interne russe ne prime pas sur les engagements internationaux de Moscou.
Concernant les réparations, le document affirme que « la Russie doit compenser et contribuer à la reconstruction de l’Ukraine, aux dommages subis par les États et entreprises européennes, ainsi qu’aux préjudices environnementaux causés ».
Enfin, sur la situation intérieure en Russie, l’UE appelle à des élections libres et équitables avec observation internationale, à la libération de tous les prisonniers politiques, au retour des civils et enfants déportés, à la liberté des médias, à l’abrogation de la loi sur les agents étrangers, à la fin de la falsification de l’histoire, et à une pleine coopération dans les enquêtes sur les assassinats d’Alexeï Navalny et de Boris Nemtsov.
Le document sera discuté par les ambassadeurs de l’UE le 17 février. Certaines de ses dispositions pourraient être portées à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles le 23 février.