Guerre en Ukraine : 12 500 civils tués à Marioupol, selon une organisation de défense des droits humains
Dans un commentaire accordé à l'agence Ukrinform, il a précisé que ce bilan n'inclut pas les victimes du bombardement du théâtre de Marioupol. L'organisation documente par ailleurs les destructions matérielles, ce qui a conduit à l'ouverture d'une procédure pénale distincte.
« Cette initiative est née d'un partenariat avec la Banque mondiale, qui nous a fourni des outils que je considère indispensables pour toutes les collectivités ukrainiennes : des évaluations à distance des dommages et des pertes. La Banque mondiale a mandaté pour nous une agence spécialisée, qui a formé vingt experts au sein du conseil municipal. L'ensemble du travail repose sur l'analyse d'images satellites haute résolution fournies par Maxar Technologies. Nous avons ainsi pu documenter les destructions causées par la Russie jusqu'au début du mois de mai 2022, date à laquelle a pris fin la résistance de nos défenseurs », a expliqué Vadym Boïtchenko.
Toutes les demandes des habitants de Marioupol, qu'ils se trouvent en Ukraine ou à l'étranger, sont centralisées sur plusieurs plateformes numériques. Des juristes les accompagnent dans la constitution de dossiers et la transmission de preuves photographiques et vidéo.
« Nous avons entrepris d'expertiser chaque bâtiment. À ce jour, cela représente 125 000 structures, pour un montant total de 163 milliards de hryvnias, soit près de 4 milliards de dollars. C'est sur cette base que repose notre démarche de défense des droits : nous sommes venus en Europe pour parler non plus avec des émotions, mais avec des faits », a-t-il souligné.
Vadym Boïtchenko a précisé que 20 000 témoins se sont manifestés et que leurs déclarations ont été vérifiées.
« Cela nous a permis d'identifier, à ce jour, 12 500 civils tués à Marioupol. Ces chiffres nous ont conduits à saisir le parquet général et le Service de sécurité ukrainien en vue d'ouvrir une procédure pénale distincte concernant les crimes commis par la Russie dans la ville de Marioupol », a-t-il indiqué.
Le nombre exact de victimes du bombardement du théâtre n'a pas encore été établi avec certitude.
« Les témoignages recueillis nous permettent aujourd'hui d'avancer le chiffre d'environ 300 personnes qui se trouvaient vraisemblablement sur place au moment de la frappe », a-t-il conclu.