La défense antiaérienne russe incapable de protéger les installations pétrolières des frappes de drones, selon l’ISW
« Les restrictions des moyens de défense antiaérienne disponibles et les difficultés liées à la protection de grandes infrastructures situées à des milliers de kilomètres compliquent les efforts du Kremlin pour se prémunir contre les frappes ukrainiennes de longue portée », soulignent les analystes.
Depuis le 23 mars, les forces ukrainiennes ont frappé au moins huit sites de l’industrie pétrolière et de la défense russes. Sont notamment concernés les terminaux pétroliers d’Oust-Louga et Primorsk (région de Leningrad), les raffineries de Kstovo (région de Nijni Novgorod), Kiriсhi (région de Leningrad), Iaroslavl (région de Iaroslavl), Oufa (République du Bachkortostan), ainsi que des usines de défense à Togliatti et Tchapaïevsk (région de Samara).
Les cibles sont dispersées sur plus de 1 700 kilomètres, ce qui, selon l’ISW, complique la protection par la défense antiaérienne russe. La taille des installations et leur dispersion géographique auraient vraisemblablement limité l’efficacité de la riposte.
L’institut souligne par ailleurs que les correspondants militaires russes ont majoritairement réagi de manière « prudente » aux frappes ukrainiennes sur les raffineries, tout en reconnaissant les pertes subies par les capacités d’exportation du pétrole russe et le coût élevé en temps et en ressources pour restaurer les sites. Un de ces correspondants a suggéré que les forces ukrainiennes utilisent des frappes de drones en journée dans les zones frontalières pour épuiser les munitions russes, avant de lancer des frappes de nuit à basse altitude avec des drones de longue portée.
Enfin, les analystes estiment que la retenue des correspondants à critiquer directement le Kremlin pourrait s’expliquer par le renforcement de la censure sur Telegram imposée par les autorités russes.
Photo: Planet Labs Inc.