Guerre en Ukraine : les drones FPV provoquent un niveau inédit de pertes civiles depuis le début de l’invasion russe

Guerre en Ukraine : les drones FPV provoquent un niveau inédit de pertes civiles depuis le début de l’invasion russe

Ukrinform
Les Nations unies alertent sur une transformation profonde du champ de bataille en Ukraine, où les drones modifient désormais la frontière entre zones de combat et zones civiles. La ligne de front dans l’est du pays existe toujours, mais elle ne joue plus son rôle de séparation.

Devant le Conseil de sécurité, Khaled Khiari, du département des affaires politiques de l’ONU, a averti que la poursuite de l’escalade entraînerait de nouvelles destructions en Ukraine, mais aussi de plus en plus en Russie. Il a appelé à reprendre immédiatement les efforts diplomatiques pour parvenir à un cessez-le-feu total, immédiat et inconditionnel.

Au mois de mai, au moins 274 civils ont été tués et 1 763 blessés en Ukraine, un bilan mensuel inédit depuis avril 2022. Mais au-delà des chiffres, les observateurs pointent une évolution majeure : la généralisation des drones FPV, pilotés en immersion grâce à une caméra embarquée et capables de suivre une cible jusqu’à l’impact. Peu coûteux et difficiles à intercepter, ils étendent la menace bien au-delà des combats traditionnels.

Selon la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine, jamais autant de civils n’avaient été tués et blessés par ce type de drones depuis le début de la guerre. Les victimes ne se trouvent plus uniquement dans les zones bombardées, mais aussi sur les routes, dans les transports ou à proximité immédiate de leur domicile.

Les secours sont eux aussi touchés. À Kharkiv, cinq sauveteurs ont été tués dans des attaques dites « double tap », où une seconde frappe vise les équipes arrivant sur les lieux après une première explosion. Sur le terrain, les équipes d’évacuation décrivent des drones qui les suivent jusque dans les villages proches du front.

Pour l’ONU, cette évolution met directement en danger l’accès humanitaire. « Chaque attaque contre une ambulance ou un convoi humanitaire prive d’aide toutes les personnes qu’il aurait pu secourir », a rappelé Edem Wosornu au Conseil de sécurité.

L’organisation humanitaire insiste : la distinction classique entre front et arrière s’efface. Les drones permettent de suivre des véhicules, de frapper des équipes de secours ou d’intercepter des évacuations.

L’arrière existe encore. Mais il n’est plus un abri.


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