Deux Tatars de Crimée retrouvés morts à la prison de Simferopol

Deux Tatars de Crimée retrouvés morts à la prison de Simferopol

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Ukrinform
Au moins quatre personnes, dont deux Tatars de Crimée, ont été retrouvées mortes dans des circonstances inquiétantes au centre de détention provisoire n ° 1 de Simferopol contrôlé par les autorités d'occupation russes, au cours du mois d'avril 2018.

Cette information a été rapportée par le Groupe des droits de l'Homme de Crimée (Crimean Human Rights Group (CHRG) ) :

"Le groupe des droits de l'homme de Crimée a des informations selon lesquelles Server Bilyalov, 69 ans, et Oleg Goncharov, 46 ans, ont été retrouvés pendus le 6 avril. Dmitry Shipovnikov, 23 ans, a été retrouvé pendu le 12 avril et Islam Ishkerov, 39 ans, qui a été conduit au centre de détention provisoire de Simferopol depuis Dzhankoi, a été retrouvé mort la gorge tranchée dans la cellule n ° 8, où sont placés les nouveaux détenus en quarantaine", ont déclaré les militants des droits de l'Homme.

Ils ont souligné que ces données avaient été confirmées par plusieurs sources indépendantes.

Les experts du Groupe des droits de l'homme de Crimée estiment que les théories de suicide par pendaison de Bilyalov, Goncharov et Shipovnikov, ainsi que par égorgement d'Iskerov, "sont peu probables pour plusieurs raisons", notamment parce que de nouvelles découvertes liées à la procédure ouverte à l'encontre de Bilyalov avait récemment fait espérer au détenu et à sa défense une libération prochaine.

En outre, Shipovnikov a été "retrouvé" pendu dans une cellule d'isolement (un mitard), un lieu où les détenus sont transférés après un examen personnel approfondi, et placés sous surveillance constante.

Les raisons du suicide d'Iskerov soulèvent également des questions. Accusé de vol en vertu de l'alinéa 1 de l'article 158 du Code pénal de la Fédération de Russie et en attente de jugement, la peine maximale encourue n'est que de deux ans d'emprisonnement et la condamnation minimale une amende pouvant aller jusqu'à huit revenus minimums non imposables.

Le CHRG a déclaré que selon les jugements de la Cour européenne des droits de l'Homme, l'État est responsable de la mort de toute personne détenue puisque la personne était totalement sous son contrôle et sa responsabilité.

Aucune information sur ces événements n'est pour l'instant disponible sur les sites internets officiels de la commission d'enquête russe, du bureau du procureur russe et du service fédéral russe de sécurité.

Selon les défenseurs des droits de l'Homme, l'absence de réaction des autorités d'occupation aux menaces sur l'intégrité physique et à la vie des personnes dans les lieux de détention "démontre non seulement la réticence de la Russie à respecter les normes internationales, mais aussi l'incapacité des autorités d'occupation russes à garantir aux personnes placées sous leur responsabilité et leur supervision le droit à la vie et au respect de la dignité humaine."

Ils ajoutent qu'en vertu du droit pénal, la responsabilité de la mort de ces quatre personnes incombe selon eux au directeur du centre de détention provisoire n ° 1 de Simferopol, le lieutenant Sergei Berezhnoy du service russe de l'Intérieur, et à son supérieur immédiat, le directeur des services pénitentiaires russes en Crimée, le Major Général Vadim Boulgakov.

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