La Russie cherche à intensifier sa campagne médiatique contre l’Ukraine, selon le renseignement ukrainien
Selon ces documents, les raisons de la préparation d’actions de déstabilisation en Ukraine seraient l’échec de la contre-offensive russe du printemps ainsi que de graves difficultés économiques. L’administration du Kremlin aurait demandé aux services spéciaux, au ministère des Affaires étrangères et aux médias russes de lancer une vaste campagne de communication visant les espaces médiatiques ukrainien et européen.
Un département de l’administration présidentielle russe chargé des partenariats stratégiques aurait défini trois axes principaux.
Le premier vise à discréditer la mobilisation en Ukraine ainsi que le commandement militaire chargé du recrutement dans l’armée, un objectif jugé prioritaire par Moscou dans le contexte de ses lourdes pertes sur le front.
Le deuxième axe vise à porter atteinte à l’image du président ukrainien, de son équipe et de sa famille.
Le troisième vise à maintenir au premier plan le débat médiatique autour de l’ancien chef de l’administration présidentielle ukrainienne Andriy Yermak et de l’interview de l’ancienne porte-parole Ioulia Mendel.
Selon le renseignement ukrainien, le Kremlin estime que ce dossier reste important, mais qu’il a été éclipsé en Europe par d’autres événements internationaux, notamment la situation autour de l’Iran.
Selon le Service de renseignement extérieur, le plan médiatique russe prévoit notamment la fabrication de faux documents présentés comme émis par des autorités publiques, afin d’influencer l’opinion publique.
La propagande russe chercherait également à créer des « personnages symboliques » destinés à incarner cette campagne de discrédit. Des tentatives d’implication d’anciens responsables ukrainiens, de figures politiques et d’experts seraient également prévues.
Le renseignement indique observer déjà les premières tentatives d’application de ce nouveau scénario, non seulement en Ukraine mais aussi à l’étranger.
Certains documents évoquent l’implication de plus de 15 médias proxy destinés à diffuser ces contenus dans l’espace informationnel occidental. Parmi eux figureraient notamment L’Antidiplomatico, Magyar Nemzet, Prvni Zpravy et CZ24.news, une liste encore incomplète devant être validée ultérieurement par l’administration présidentielle russe.
Les documents obtenus indiquent enfin que la Russie entend intensifier cette campagne, élargir ses récits de désinformation et étendre sa portée géographique et son audience.
Photo: АА