Dix-sept mille prisonniers ukrainiens des territoires occupés ont été déportés vers la Russie, selon des défenseurs des droits de l'homme danois
« La déportation illégale de 17 000 Ukrainiens des territoires occupés vers le territoire de la Fédération de Russie a été documentée, tout comme les conditions de transport inhumaines, les violences, l'isolement familial et de graves atteintes à la dignité humaine », a déclaré Rasmus Grue Christensen, directeur général de DIGNITY, lors de la présentation à Ukrinform du rapport de plaidoyer intitulé « Déportation en enfer ».
Il a souligné que les cas de torture, d'intimidation, de déportation et la destruction même du concept de dignité humaine ne sont pas des violations sporadiques, mais des composantes systémiques de l'occupation des territoires ukrainiens par la Russie.
Selon le directeur général de DIGNITY, le rapport présenté aujourd'hui se concentre sur un groupe qui a jusqu'à présent reçu peu d'attention de la part du public. Il s'agit des prisonniers ukrainiens qui purgeaient leur peine dans des établissements pénitentiaires ukrainiens et qui se sont retrouvés sous occupation russe. Ce ne sont pas des prisonniers de guerre, mais des civils, et ils le demeurent. Par conséquent, en tant que civils, ils sont protégés par le droit international humanitaire.
« Le fait qu'ils aient été prisonniers ne diminue en rien cette protection. Autrement dit, le fait qu'ils aient été condamnés par l'Ukraine pour un délit quelconque ne donne pas le droit aux Russes de les traiter de la sorte. Être privé de liberté ne signifie pas être privé de sa dignité. C'est l'un des messages clés de ce rapport », a insisté Rasmus Grue Christensen.
Il a ajouté que l'interdiction de la torture, des déportations illégales et des traitements inhumains s'applique à tous, et que l'impunité ouvre la voie à de futures violations de ces règles.
Le directeur général de DIGNITY a souligné que le fait de tenir la Russie pour responsable des crimes commis en Ukraine est un élément essentiel pour parvenir à une paix juste. Dans ce contexte, il a fait remarquer que « les territoires occupés ne doivent pas devenir des zones de non-droit en matière de responsabilité ».
« Nous voulons veiller à ce que le vécu des prisonniers ukrainiens, souvent ignoré, soit inclus dans le processus de justice. Et aujourd'hui, nous concrétisons cet engagement. Nous soutiendrons les victimes dans leur quête de justice. Même dans les conditions les plus difficiles, il est impératif de défendre la loi et la dignité humaine », a conclu Rasmus Grue Christensen.