Spiegel : Le fonctionnement des ports ukrainiens sous les bombardements devient un exemple pour les pays du Golfe persique
Le quotidien allemand Der Spiegel l`affirme, rapporte Ukrinform.
« Nos partenaires internationaux s’intéressent de près à notre expérience… L’expérience que nous avons acquise ici en Ukraine est sans équivalent », a déclaré Dmytro Barinov, président de l’Association des ports ukrainiens, dans un commentaire adressé à la publication.
Il est à noter que l’expérience ukrainienne suscite désormais l’intérêt des opérateurs portuaires des pays du Golfe persique, notamment le Qatar et les Émirats arabes unis, face aux menaces qui pèsent sur la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Comme le rappelle le journal, suite au blocus partiel de la mer Noire par la Russie au début du conflit, 130 cargos sont restés bloqués dans les ports ukrainiens, empêchant l’exportation de millions de tonnes de céréales. En 2022, un accord céréalier a été conclu sous l'égide de l'ONU et de la Turquie, permettant une reprise partielle du trafic maritime. La Russie s'en est ensuite retirée, mais l'Ukraine a pu rétablir de manière indépendante l'exploitation des voies maritimes.
Depuis l'été 2023, le corridor céréalier ukrainien, plus proche des côtes, est opérationnel et garantit l'exportation des produits. Cependant, l'activité portuaire se déroule sous la menace constante d'attaques.
Afin de minimiser les risques, des règles strictes ont été mises en place pour l'entrée et la sortie des navires, les horaires d'opération ont été limités et des canaux de communication alternatifs ont été utilisés en raison de la menace de cyberattaques.
« Les navires sont désormais soumis à des règles plus strictes. Les militaires ukrainiens inspectent les navires à 10-12 milles nautiques du port. Les entrées et sorties s'effectuent dans des créneaux horaires précis. Les navires ne peuvent plus rester au mouillage pendant des semaines, comme c'était le cas avant la guerre. Après des cyberattaques de grande ampleur, certaines communications ont même été transférées par fax », indique l'article.
Cela indique également que la menace des mines marines a été partiellement maîtrisée grâce à des barrières flottantes munies de filets. Par ailleurs, pour protéger le personnel, des abris mobiles en béton ont été installés et les travaux sont interrompus en cas de raid aérien.
Photo : Odesa OVA