Selon l’ONU, plus de 95 % des prisonniers de guerre ukrainiens ont subi des tortures en Russie
Depuis février 2022, le HCDH a mené 2 129 entretiens confidentiels avec des prisonniers de guerre et des détenus civils, a-t-elle indiqué. Parmi eux, 910 étaient des prisonniers de guerre ukrainiens et 403 des civils, interrogés après leur libération de captivité en Russie.
Elle a précisé que le HCDH avait documenté l’exécution de 129 prisonniers de guerre ukrainiens au début de leur captivité, ainsi que la mort de 48 autres à la suite de tortures, de privations de soins médicaux ou d’autres conditions de détention inhumaines.
Plus de la moitié des prisonniers de guerre ukrainiens interrogés ont également déclaré avoir subi de violences sexuelles.
Parmi les formes de torture documentées, Claudia Fuentes Julio a cité de violents passages à tabac avec des matraques, des ceintures épaisses et des objets en bois, des décharges électriques, des attaques de chiens et des simulacres d’exécution.
La sous-secrétaire générale aux droits de l’homme a également indiqué que le HCDH avait documenté des cas de mauvais traitements infligés à des prisonniers de guerre russes et à des prisonniers originaires de pays tiers détenus par l’Ukraine, mais que l’ampleur de ces violations était « fondamentalement différente ».
La représentante de l’ONU a également fait état de ressortissants de pays tiers, originaires de plus de 45 pays, qui ont combattu au sein des forces armées russes.
« Certains craignent ce qui leur arrivera s’ils retournent en Fédération de Russie, tandis que d’autres redoutent de retourner dans leur pays d’origine, où ils pourraient faire l’objet de poursuites pénales pour avoir participé aux combats aux côtés d’un autre pays », a déclaré Claudia Fuentes Julio.
Selon elle, beaucoup d’entre eux ont affirmé ne pas avoir prévu de devenir militaires, mais avoir été trompés lors de leur recrutement.
Concernant les civils ukrainiens détenus par la Russie après avoir été arrêtés dans les territoires occupés, Claudia Fuentes Julio a indiqué que, selon les estimations de l’ONU, plus de 16 000 civils sont toujours privés de liberté.
« 85 % des détenus civils interrogés ont fait état de tortures et de mauvais traitements, notamment de violences sexuelles », a déclaré la représentante de l’ONU.
Photo : capture vidéo