ONU : Bientôt 20 000 casques bleus pour le maintien de la Paix dans le Donbass ?

ONU : Bientôt 20 000 casques bleus pour le maintien de la Paix dans le Donbass ?

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Ukrinform
Les premières étapes vers un déploiement d'une mission de maintien de la paix de l'ONU dans l'est de l'Ukraine, susceptible de compter jusqu'à 20 000 personnes, pourraient débuter dans les semaines ou les mois à venir.

Un rapport de l'American Hudson Intitulé "Les Nations Unies peuvent-elles unir l'Ukraine?" suggère l’envoi d’une troupe importante en soldats mais surtout en membres techniques et administratifs. La Rasmussen Global foundation, un think tank d’experts politiques et géopolitiques, a commenté le document :

"La force de maintien de la paix aura besoin d'un mandat solide et devra comprendre 20 000 personnes ; des pays européens non membres de l'OTAN comme la Suède, la Finlande ou l'Autriche pourraient y jouer des rôles importants", indique le communiqué.

Comme le préconnise le rapport, la composante civile de la force sera essentielle pour faire face aux problèmes de maintien de l'ordre et aux tensions locales potentielles. Une force policière et civile de 2 000 à 4 000 hommes sera nécessaire à cette fin et l’union européenne pourrait quant à elle jouer un rôle clé dans ce secteur.

Les experts estiment que la force de maintien de la Paix fonctionnerait comme un mécanisme d'application des Accords de Minsk mais que les élections locales dans les régions occupées ne seront possibles qu'après le déploiement complet de l'opération dans le Donbass.

La Rasmussen Global Foudation estime également que l'ONU devrait nommer un représentant spécial dans l'est de l'Ukraine pour diriger et coordonner les activités de la présence onusienne dans le Donbass.

L’arrivée d’une mission de maintien de la Paix dans le Donbass a été sujet à de nombreuses discussions et échanges depuis plusieurs mois. L’OTAN, les gouvernements des principaux partenaires et soutiens de l’Ukraine (Etats-Unis, Canada, Allemagne et France) se sont très vite prononcés en faveur du déploiement d’un contingent onusien mais les discussions les plus véhémentes, par communiqués de presse interposés entre les diplomates occidentaux et russes ont tourné autour de la participation de la Russie à cette mission et des termes exacts du mandat, le Kremlin ayant fermement montré son opposition à la présence de soldats de pays membres de l’OTAN, même sous mandat de l’ONU à ses frontières. Moscou avait, en octobre, menacé de mettre son veto sur un projet de résolution ukrainienne relatif à l'envoi Casques bleus dans le Donbass si, comme Kyiv l'avait demandé, il prévoyait le déploiement de la mission sur la frontière ukraino-russe.

La résolution, loin encore d’être présentée et votée, semble néanmoins se rapprocher. Le service de presse du ministère ukrainien des Affaires étrangères a publié un communiqué le 6 février dernier faisant état d’une discussion entre le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Pavlo Klimkine, et son homologue français Jean-Yves Le Drian à Paris, et d’un accord trouvé entre les deux pays au sujet d’une position commune à tenir  :

"Lors des discussions, l'attention principale a été portée sur le règlement politique du conflit dans le Donbass, causé par l'agression russe... Les deux ministres ont adopté une position de principe sur les étapes successives dans le but d'arriver à une situation de sécurité permanente dans l'ORDLO [les territoires occupés du Donbass]. Les ministres ont également tenu une position commune concernant le rôle de la mission de maintien de la paix de l'ONU et la nécessité de son déploiement dans tout le territoire occupé du Donbass, sous une forme conforme aux accords de Minsk", pouvait-on lire dans le communiqué.

Aucune information n’a filtré actuellement sur la présence ou non d’un contingent de la fédération de Russie dans la future mission. Le ministre de la défense ukrainien, Stepan Poltorak avait en novembre dernier refusé catégoriquement cette éventualité :

"Nous excluons la participation de la Russie à la future mission. Je crois que la mission dans le Donbass n’est possible qu’avec l'aide de nos amis internationaux"

La Russie avait de son côté déposé au Conseil de sécurité son propre projet sur le déploiement d'une force des Nations Unies en Ukraine, en octobre dernier, qualifié de bluff diplomatique par l’ancien secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen. Il contredisait selon lui les principes même de l’organisation internationale. Il avait alors, en revanche, insisté sur le besoin de l’utiliser comme un argument pour soumettre une contre-proposition :

"Le projet de résolution de Moscou s'est avéré être un bluff typique de Poutine, en contradiction avec plusieurs principes de l'ONU, ce qui signifie qu'il ne peut pas être accepté sous sa forme actuelle. Mais au lieu de le rejeter, l'Occident doit s'apercevoir de ce bluff et le transformer, grâce à la stratégie de la carotte et du bâton, en une fenêtre vers la paix", avait précisé l’ex-Secrétaire général de l'OTAN.

Fin janvier dernier, Kurt Volker, le représentant spécial du Département d’État des États-Unis aux affaires ukrainiennes avait souligné que la partie russe était dorénavant plus ouverte sur la question du déploiement des Casques Bleus dans le Donbass :

"Nous n’avons pas proposé de plan concret. Nous avons discuté des options de la réalisation de ce plan. Vous devez avoir une mission de maintien de la paix sur tout le territoire, c’est la condition nécessaire pour organiser des élections ainsi que la sécurité que la mission devra assurer pendant ces élections", avait-t-il confié lors d’une conférence téléphonique, ajoutant que la partie russe insistait pour que ce problème soit lié à la réalisation des paragraphes politiques des Accords de Minsk par Kyiv. À son tour, l’Ukraine avait exigé de la Russie la réalisation complète des protocoles de sécurité, et notamment le respect du cessez-le-feu et le retrait des forces militaires russes du Donbass.

Malgré les dernières négociations et conditions fixées ou exigées par les différentes, les avancées de ces dernières semaines laissent toutefois à penser qu’un projet de résolution de l’ONU permettant la création et l’envoi d’une mission de maintien de la Paix pourrait avoir lieu dans les mois à venir, ce qui serait un pas immense dans l’optique d’un règlement pacifique du conflit dans le Donbass.

MR

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