La Russie restitue pour la première fois des militaires ukrainiens grièvement blessés
« Nous avons pris l'habitude de voir de grands chiffres lors des échanges de prisonniers de guerre, mais aujourd'hui, 31 hommes grièvement blessés sont revenus. C'est la première fois que la partie russe restitue cette catégorie spécifique sur notre proposition. Nous n'avons pas récupéré l'ensemble des personnes concernées, mais les autorités nous ont transmis une telle quantité d'un coup pour la première fois », explique Dmytro Loubinets.
Selon lui, des ambulances de secours médical d'urgence ont immédiatement pris en charge l'ensemble des militaires ukrainiens grièvement blessés.
Le médiateur note que les services interrogent traditionnellement toutes les personnes libérées dès leur retour sur leurs conditions de détention, l'usage de la torture ou la privation d'assistance médicale.
« Nous recensons depuis longtemps 695 formes différentes de tortures infligées aux prisonniers de guerre et otages civils ukrainiens. De manière systématique, tous les hommes ont perdu de nombreux kilos. Nous avons pour habitude, en parallèle avec notre homologue russe, d'interroger simultanément les combattants ukrainiens qui rentrent d'un côté et les prisonniers de guerre russes de l'autre. Ce que nous entendons régulièrement confirme des conditions de séjour indignes, sur lesquelles nous commençons aussitôt à travailler », précise Dmytro Loubinets.
Il rappelle avoir transmis une lettre de la communauté d'Olenivka à la médiatrice russe Yana Lantratova lors d'une précédente rencontre.
« J'ai soulevé la question du retour prioritaire de ces hommes lors de notre réunion précédente. Ces soldats ont subi des blessures à Olenivka dès 2022. On m'a informé du suivi de cette demande, mais je ne suis pas encore prêt à commenter la situation publiquement. Nous attendrons les résultats à l'avenir », déclare le commissaire du Parlement.
Par ailleurs, les deux parties ont abordé la question d'une surveillance continue des lieux de détention des prisonniers de guerre.
« La partie russe informe officiellement pour la première fois qu'elle lance cette démarche de manière systématique en impliquant l'ensemble du réseau régional de la médiatrice russe », indique Dmytro Loubinets, en soulignant que l'Ukraine mène déjà ces contrôles depuis longtemps avec la participation de toutes les représentations régionales du Bureau du commissaire aux droits de l'homme.
Enfin, le médiateur ajoute que les responsables ont transmis un grand nombre de lettres lors de l'échange, que la partie russe doit acheminer aux prisonniers de guerre ukrainiens. Yana Lantratova a également remis à Dmytro Loubinets des courriers rédigés par des captifs ukrainiens pour leurs familles, ainsi que des messages destinés aux prisonniers russes.