La Russie bâtit un réseau mondial de traite humaine pour alimenter ses assauts de viande en Ukraine
S'appuyant sur les données des autorités ukrainiennes, les défenseurs des droits de l'homme soulignent que la Russie a mobilisé au moins 27 000 étrangers issus de plus de 130 pays (sans compter les troupes nord-coréennes). Si les ressortissants d'Asie centrale constituent la majorité, on compte également de nombreux originaires d'Asie du Sud, d'Afrique et d'Amérique latine.
Le rapport décrit un système institutionnalisé qui combine l'engagement de volontaires et des méthodes « prédatrices » envers des personnes socialement et économiquement fragiles. Quelques semaines seulement après la signature de leur contrat, les commandants les envoient mener des missions de combat extrêmement dangereuses avec une probabilité de mort très élevée — les fameux « assauts de viande ».
L'État agresseur procède à des rafles dans les lieux de résidence et de travail des migrants, ainsi que dans les mosquées. La signature d'un contrat est souvent présentée aux personnes interpellées comme l'unique alternative à l'expulsion ou aux poursuites pénales. Des cas de contrainte directe, tels que la confiscation de documents, la falsification d'accusations, des passages à tabac et des actes de torture, ont également été recensés.
Des réseaux transnationaux participent aussi au transfert d'étrangers vers la Russie, attirant souvent les recrues par la ruse en leur promettant des emplois civils, des postes non-combattants ou un accès à l'Union européenne. Une fois sur place, tous finissent dans des centres de recrutement russes où ils sont contraints de signer des contrats en russe, sans aucune traduction.
Les auteurs du document estiment que la Russie est responsable de l'exploitation d'une filière mondiale de traite des êtres humains.
« Ce rapport brise le mythe d'une Russie amie du Sud Global menant une guerre anti-impérialiste. Le document établit clairement que la Russie utilise tous les moyens possibles pour recruter pour sa guerre néocoloniale en Ukraine, qu'il s'agisse de recrues venant de Cuba, du Cameroun, du Kenya ou du Kazakhstan », a déclaré Alexis Deswaef, président de la FIDH.
L'étude s'appuie sur des témoignages de prisonniers de guerre, des entretiens avec des experts et des recherches en sources ouvertes. Selon les estimations ukrainiennes citées, au moins 3 388 combattants étrangers ont déjà péri au combat.
La FIDH et Truth Hounds appellent tous les pays concernés à poursuivre les responsables de ces réseaux pour traite des êtres humains et mercenariat, tout en alertant leurs citoyens sur ces dangers.